Sommaire
- La grande famille des lipides (acides gras)
- Zoom sur les oméga-6, des acides gras polyinsaturés
- L’acide gamma linolénique (GLA) : rôle dans le mécanisme anti-inflammatoire
- Le DGLA : un composant des membranes des cellules
- Vitamine E et phytostérols aux propriétés antioxydantes
- Huile d’onagre : quels bienfaits ?
- Beauté et anti-âge
- Santé de la femme
- Le paradoxe
- Pour rééquilibrer votre ration oméga-6 / oméga-3 :
- Quels sont les aliments riches en GLA ?
- Bibliographie
L’huile d’onagre est extraite des graines de l’onagre, une plante originaire d’Amérique du Nord. Elle est riche en acides gras polyinsaturés de la famille des oméga-6, et particulièrement en acide gamma-linoléique (GLA), comme c’est le cas de l’huile de bourrache. Ces acides gras sont essentiels à l’organisme.
La grande famille des lipides (acides gras)
Dans notre alimentation, il existe 3 familles de lipides :
1/ Les acides gras saturés
Ils sont surtout présents dans les graisses animales (viande grasse, beurre, margarine, charcuterie, lait non écrémé, fromage…). Le fait qu’ils soient solides à température ambiante permet de les reconnaitre facilement.
2/ Les acides gras mono-insaturés
De la famille des oméga-9, on les trouve essentiellement dans des graisses végétales comme l’huile d’olive. Ils sont liquides à température ambiante.
3/ Les acides gras polyinsaturés
Deux sous familles :
- Les oméga-3 (poisson gras, huile de colza, de lin…).
- Les oméga-6 (huile de tournesol, de maïs, de pépins de raisin…), auxquels appartient l’acide gamma-linoléique (GLA) contenu dans l’huile d’onagre (et de bourrache).
Ils sont liquides à température ambiante.
Zoom sur les oméga-6, des acides gras polyinsaturés
Les acides gras oméga-6 comprennent notamment :
- l’acide docosapentanoïque (DPA)
- l’acide linoléique (LA)
- l’acide gamma–linolénique (GLA)
- l’acide arachidonique (AA)
Les oméga-6 ont en commun une première double liaison située sur le 6e atome de carbone, d’où leur nom (les oméga-3 ont leur première double liaison sur le 3e atome de carbone). Ensuite, ils se différencient en fonction de leur nombre d’atomes de carbone et/ou de doubles liaisons.
L’acide gamma-linolénique (GLA) comporte une chaine de 18 atomes de carbone et 3 doubles liaisons, dont la première se situe sur le 6e carbone comme tous les autres oméga-6.
L’acide gamma linolénique (GLA) : rôle dans le mécanisme anti-inflammatoire
En tant que source d’acide gamma-linolénique (GLA), l’huile d’onagre est un ingrédient d’intérêt nutritionnel.
Le GLA est également produit par l’organisme à partir de l’acide linoléique (LA), considéré comme un acide gras essentiel car, lui, n’est pas fabriqué par le corps, il doit donc impérativement être apporté par l’alimentation.
La transformation du LA en GLA nécessite l’intervention d’une enzyme, la delta-6-désaturase.
Le GLA peut ensuite être converti en DGLA (acide dihomo-gamma-linolénique), puis en prostaglandines E1 (PGE1), des molécules jouant un rôle crucial dans la réponse anti-inflammatoire, contrairement à d’autres prostaglandines comme les E2 (PGE2) qui ont inversement un rôle dans la réponse pro-inflammatoire.
Le DGLA : un composant des membranes des cellules
L‘acide dihomo-gamma-linolénique (DGLA) produit à partir du GLA est un constituant clé de la membrane de toutes nos cellules, appelée double couche phospholipidique.
Via ce rôle structural, il est impliqué dans la physiologie des membranes cellulaires, leur conférant la flexibilité et la perméabilité nécessaires au bon fonctionnement des cellules.
Vitamine E et phytostérols aux propriétés antioxydantes
Si l’huile d’onagre (espèce Oenothera biennis L. et Oenothera erythrosepala Borb) est riche en GLA, elle renferme également de la vitamine E et des phytostérols (composés lipidiques naturellement présents dans les plantes, ayant une structure similaire au cholestérol). Ces molécules ont des propriétés antioxydantes impliquées dans la protection des cellules contre les radicaux libres, lesquels sont impliqués dans le vieillissement prématuré de la peau.
Huile d’onagre : quels bienfaits ?
GLA, vitamine E et phytostérols confèrent à l’huile d’onagre de nombreux rôles dans le mécanisme inflammatoire et la protection cellulaire, qui peuvent être mis à profit dans bien des domaines.
- Le GLA (acide gamma-linolénique) lui confère un rôle dans le mécanisme anti-inflammatoire, particulièrement intéressant pour la peau, les articulations et certaines problématiques féminines.
- Le GLA contribue également au maintien de l’intégrité cellulaire, en renforçant leurs membranes, ce qui est bénéfique au fonctionnement de toutes les cellules, et notamment à la santé de la peau.
- La vitamine E et les phytostérols, de puissants antioxydants, protègent les cellules contre les dommages oxydatifs, à l’origine du vieillissement prématuré de la peau.
- Les phytostérols de l’huile d’onagre participent aussi à la régulation du taux de cholestérol (de structure très proche du cholestérol, ils entrent en compétition avec celui-ci lors de l’absorption intestinale). D’où l’intérêt croissant de l’huile d’onagre dans les problématiques liées au cholestérol.
Beauté et anti-âge
Grâce à a sa teneur en GLA, l’huile d’onagre est bénéfique à l’intégrité des cellules cutanées et à la restructuration de l’épiderme (1).
Ces mécanismes contribuent également à préserver l’hydratation de la peau. En effet, les oméga-6 de l’huile d’onagre participent à la bonne santé du film hydrolipidique de l’épiderme. Car si l’huile d’onagre est une source de GLA, elle apporte également du LA (2), lequel représente l’acide gras le plus abondant dans l’épiderme.
Le LA est un précurseur de céramides, des lipides largement représentés dans la couche la plus superficielle de la peau : la couche cornée, où ils assurent la cohésion entre les cellules. Ce rôle de « ciment » contribue à la solidité de la peau et à son rôle barrière contre la pénétration d’agents étrangers, mais pas seulement. Les céramides s’opposent également à l’évaporation de l’eau et à la déshydratation de la peau. En retenant l’eau à l’intérieur de la peau, ils limitent les inconforts cutanés (tiraillements, rougeurs…) et jouent un rôle sur le vieillissement cutané en empêchant notamment la sécheresse cutanée et l’affinement de la peau.
Enfin, le rôle du GLA dans les mécanismes anti-inflammatoires est important dans les troubles cutanés liés à l’inflammation : rougeurs, démangeaisons et irritations
Santé de la femme
L’huile d’onagre fait l’objet de nombreuses études portant sur la ménopause, les dysménorrhées (douleurs des règles), les douleurs mammaires et l’endométriose (2).
Elle est traditionnellement utilisée chez les femmes pour atténuer certaines gênes (3) comme le montre cette étude clinique menée auprès de 56 femmes ménopausées ayant des bouffées de chaleur et réparties en 2 groupes dont l’un recevait un placebo, l’autre 500mg d’huile d’onagre par jour durant 6 semaines. Seules les femmes supplémentées en huile d’onagre ont constaté une diminution significative de l’intensité de leurs bouffées de chaleur (4).
Le saviez-vous ? L’huile d’onagre ne contient pas de phyto-œstrogènes, des composés produits naturellement par les plantes ayant une similarité structurelle avec l’hormone estradiol, ressemblance qui leur confère la capacité de provoquer des effets oestrogéniques ou anti-oestrogéniques (5).
Fertilité : de l’huile d’onagre pour tomber enceinte ?
En plus de ses rôles dans les mécanismes anti-inflammatoires et antioxydants pouvant être bénéfiques à la sphère génitale, le GLA, en tant qu’acide gras, participe à l’équilibre des hormones, telles que les œstrogènes et la progestérone. En effet, ces hormones sont issues du métabolisme du cholestérol et donc des acides gras. Cet équilibre hormonal est bénéfique à la santé utérine, notamment à la composition de la glaire cervicale qui joue un rôle dans la fertilité. D’autres facteurs peuvent influencer la fertilité, demandez conseil à un professionnel de santé.
Huile d’onagre et grossesse
Par mesure de précaution, l’huile d’onagre est déconseillée durant la grossesse et l’allaitement.
Où trouver du GLA
Notre alimentation est généralement pauvre en GLA, contrairement à d’autres oméga-6.
Même les huiles végétales en contiennent de faibles quantités, à l’exception des huiles d’onagre, de bourrache et de pépins de cassis.
Le paradoxe
Notre alimentation est considérée comme excédentaire en oméga-6, mais à l’exception du GLA.
Cet excès d’oméga-6 peut entrainer un déséquilibre préjudiciable entre oméga-6 et oméga-3 (des acides gras reconnus comme protecteurs, notamment au niveau cérébral et cardiovasculaire). En effet, oméga-6 et oméga-3 utilisent tous les deux les mêmes enzymes. S’il y a trop d’oméga-6, ces derniers monopolisent toutes les enzymes disponibles, au détriment des oméga-3. Dans ces conditions, inutile de manger plus d’oméga-3, car l’organisme ne saura pas les utiliser. Il est inversement recommandé de diminuer les apports en oméga-6, encore une fois à l’exception du GLA en raison de ces propriétés santé spécifiques. L’idéal serait de ne pas dépasser un ratio oméga-6/oméga-3 de 5/1 (6). Or, il est bien supérieur dans l’alimentation occidentale, pouvant même très souvent atteindre le double.
Pour rééquilibrer votre ration oméga-6 / oméga-3 :
Quels aliments augmenter car riches en oméga-3 ?
Petits poissons gras (maquereau, sardines, hareng, anchois, saumon, thon…), fruits de mer, graines (lin, chia, chanvre), fruits à coque (noix, noisettes), huile de colza, de noix, de lin, légumes verts (pourpier, épinards, mâche, laitue, mesclun)…
Quels aliments diminuer car riches en oméga-6 ?
Huiles de tournesol, de maïs, de soja, de pépins de raisin, produits industriels contenant ces huiles…
Quels sont les aliments riches en GLA ?
Huile de bourrache, d’onagre, de pépins de cassis, d’argan, spiruline…
Nos compléments alimentaires contenant cet actif : huile d’onagre
Bibliographie
(1) Muggli R, Systemic evening primrose oil improves the biophysical skin parameters of healthy adults, Int J Cosmet Sci, 2005, 27(4):243-9.
(2) National Center for Biotechnology Information, 2025, PubChem Compound Summary for CID 5280933, gamma-Linolenic acid.
(3) Hopeman MM et al., Serum Polyunsaturated Fatty Acids and Endometriosis, Reprod Sci, 2015, 22(9):1083-7.
(4) Farzaneh F et al., The effect of oral evening primrose oil on menopausal hot flashes: a randomized clinical trial, Arch Gynecol Obstet, 2013, 288(5): 1075-9.
(5) Timoszuk M et al., Evening Primrose (Oenothera biennis) Biological Activity Dependent on Chemical Composition, Antioxidants (Basel), 2018, 7(8):108.
(6) Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) (devenue l’Anses), Acides gras de la famille oméga-3 et système cardiovasculaire : intérêt nutritionnel et allégations, https://www.anses.fr/en/system/files/NUT-Ra-omega3.pdf.