Ginseng
Bienfaits et propriétés
Le ginseng est une plante qui fait partie de la médecine traditionnelle asiatique depuis des millénaires. Ses racines riches en composés actifs ginsénosides lui confèrent de nombreuses propriétés. Autrefois vendu à prix d’or et réservé aux Empereurs, le ginseng aux mille vertus était surtout utilisé comme fortifiant. Mais c’est aussi une plante adaptogène, qui aide à s’adapter aux situations de stress.
Sommaire
- Panax : ginseng américain et ginseng rouge de Corée
- Les ginsénosides : les actifs de la racine de ginseng
- Ginseng : des bienfaits chez l’homme
- Ginseng : bienfaits chez la femme
- Immunité et infections hivernales
- Ginsénosides du ginseng : bienfaits pour la peau
- Ginsénosides du ginseng : des bienfaits sur les cheveux ?
- Où trouver du ginseng ?
Panax : ginseng américain et ginseng rouge de Corée
Le ginseng du genre Panax (famille des Araliaceae) se décline en plusieurs espèces selon les continents dont les plus connues sont :
- Le ginseng américain ou Panax quiquefolius L.
- Le ginseng rouge coréen ou Panax ginseng C.A. Meyer
Les racines du ginseng sont célèbres pour leur forme évoquant la physionomie d’un être humain (d’où son nom en mandarin qui signifie « homme racine »).
Utilisé depuis 4000 ans en pharmacopée chinoise, le ginseng est considéré comme l’une des plantes médicinales les plus utilisées dans le monde.
Encore au XXIe siècle, elle continue à faire l’objet d’un nombre considérable de travaux de recherche afin d’explorer les propriétés de ses composants actifs.
Ginseng blanc ou ginseng rouge ?
Les termes « ginseng blanc » et « ginseng rouge » se réfèrent généralement au traitement subi par le ginseng asiatique (Panax ginseng). Ils ne désignent pas des espèces différentes. Le ginseng blanc est simplement pelé et séché au soleil, tandis que le ginseng rouge est cuit à la vapeur avant d’être séché, ce qui lui donne sa couleur caractéristique. À noter que le ginseng américain peut subir ces mêmes traitements et ainsi être préparé en blanc ou en rouge, tout comme le ginseng asiatique.
Ginseng péruvien, indien ou sibérien ?
Certaines plantes sont qualifiées de ginseng sans en être. C’est le cas du Maca, également appelé ginseng péruvien, de l’Ashwagandha ou ginseng indien ou encore de l’Eleuthérocoque couramment désigné comme le ginseng de Sibérie. Mais il s’agit bien de plantes différentes ayant un profil nutritionnel et des composés actifs différents. Leur seul point commun est que ce sont toutes des plantes adaptogènes (voir ci-dessous). Attention donc à ne pas confondre toutes ces plantes aux appellations trompeuses avec le ginseng américain et le ginseng coréen dont il est ici question.
Les ginsénosides : les actifs de la racine de ginseng
Les principaux actifs du ginseng sont les ginsénosides (ou panaxosides), qui font partie de la famille des saponines triterpéniques.
La teneur des racines en ginsénosides augmente avec l’âge de la plante, qui atteint sa maturité vers 4 ans, mais les racines ne sont généralement utilisées que vers 5 à 8 ans afin de s’assurer de leur concentration élevée en principes actifs.
La longue croissance et la rareté dans la nature de cette plante expliquent le coût élevé de la racine de ginseng.
Propriétés des ginsénosides
On attribue aux ginsénosides des propriétés physiologiques comme étant antimicrobiennes et antifongiques, qui dans la nature permettent à la plante de se protéger des agents étrangers environnants.
Dans les extraits de ginseng, les ginsénosides sont utilisés pour leurs effets tonifiants et antioxydants (1). Ils ont également des actions bénéfiques sur les fonctions cognitives, le système immunitaire et la glycémie.
Le ginseng est une plante adaptogène, ce qui signifie qu’elle aide l’organisme à gérer les situations de stress en favorisant un retour à bon équilibre. De nombreuses autres plantes sont adaptogènes, comme l’Eleuthérocoque et la Rhodiola, dont les effets varient en fonction de l’état physique de la personne à un moment donné, selon Nicolai Lazarev, scientifique russe à l’origine de ce mot « adaptogène » (2).
Le ginseng, un tonifiant universel
L’usage traditionnel du ginseng comme tonifiant est reconnu par certaines autorités de santé comme l’OMS, la Commission E du ministère de la santé allemand et l’ESCOP (Coopération scientifique européenne en phytothérapie) pour « améliorer les capacités physiques et mentales lors de fatigue, d’épuisement, de troubles de la concentration et chez les personnes convalescentes ».
Les ginsénosides agissent en stimulant la production d’ATP (Adénosine Tri Phosphate), la forme d’énergie produite par les mitochondries et utilisée par toutes nos cellules. Ils accélèrent la conversion du glucose en pyruvate en amont du cycle de Krebs, ensemble complexe de réactions biochimiques produisant l’ATP. Les ginsénosides agissent aussi en favorisant l’apport en oxygène et en protégeant les mitochondries du stress oxydatif (grâce aux propriétés antioxydantes du ginseng).

Ginseng : des bienfaits chez l’homme
Le ginseng est utilisé pour lutter contre le stress et la fatigue, physique ou intellectuelle.
Il a été associé à une hausse du taux de cortisol, hormone dite du stress qui nous permet de nous adapter face aux situations stressantes, souvent impliquées dans les troubles érectiles. Les extraits de ginseng pourraient aussi inhiber l’action de la prolactine, hormone de la lactation, mais qui est également présente chez l’homme en petite quantité et qui joue un rôle dans la régulation du désir sexuel.
En augmentant le taux d’oxyde nitrique (NO), un gaz qui dilate les vaisseaux sanguins, les actifs du ginseng peuvent contribuer à améliorer l’afflux sanguin dans le pénis nécessaire à l’érection.
Il est traditionnellement employé comme aphrodisiaque pour stimuler la libido, la fonction sexuelle et améliorer les troubles de l’érection en raison de l’action tonifiante et circulatoire des ginsénosides.
Ginseng : bienfaits chez la femme
Chez l’homme comme chez la femme, le ginseng est traditionnellement utilisé comme tonifiant pour lutter contre la fatigue. Il est également employé pour améliorer la libido et la fonction sexuelle en favorisant notamment la circulation sanguine et en réduisant le stress.
Cette plante aiderait à lutter contre les symptômes climatériques liés à la ménopause : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, anxiété, troubles du sommeil, etc. Des travaux de recherche sont en cours visant à attribuer aux actifs du ginseng une activité pro œstrogène modérée (3). Les mécanismes d’action n’ont pas encore été clarifiés, mais ils passeraient par une modulation hormonale et notamment des œstrogènes. En effet, il faut savoir que les ginsénosides ont une structure assez similaire aux hormones stéroïdiennes ou hormones sexuelles.
Immunité et infections hivernales
Les ginsénosides sont reconnus pour leurs effets stimulants sur le système immunitaire. Ils pourraient activer les lymphocytes T, les cellules de l’immunité, et les inciter à produire des interférons, molécules capables de neutraliser certains virus.
Par son effet sur le système immunitaire, le ginseng est traditionnellement employé contre les infections hivernales telles que le rhume, une période où l’organisme est plus sujet à ces derniers. Il permet une meilleure récupération en convalescence.
Enfin, après une vaccination, contre la grippe par exemple, la prise de ginseng agit sur la réponse immunitaire provoquée par le vaccin (4).
Ses effets immunostimulants sont liés aux ginsénosides, les actifs du ginseng.
Ginsénosides du ginseng : bienfaits pour la peau
Les actifs polyvalents du ginseng ont également un rôle sur la peau (6, 7). Les ginsénosides du ginseng ont potentiellement des effets anti-âge et cicatrisants via plusieurs modes d’action :
- Action sur la production de collagène qui entretient l’élasticité et la fermeté de la peau et sur le processus de cicatrisation,
- Action sur la migration des kératinocytes (cellules spécifiques de la peau) favorisant la cicatrisation,
- Lutte contre le stress oxydatif grâce à des propriétés antioxydantes, renforçant l’effet anti-vieillissement et anti-âge,
- Stimulation de la circulation sanguine cutanée, renforçant l’apport aux cellules en oxygène et micronutriments pour une bonne santé cellulaire.
Ginsénosides du ginseng : des bienfaits sur les cheveux ?
Comme pour la peau, en favorisant la circulation sanguine au niveau du cuir chevelu, les ginsénosides augmentent l’apport en oxygène et en micronutriments, ce qui active la croissance capillaire. Ils agissent également sur la production de collagène, ce qui peut renforcer la structure du cheveu. Leurs propriétés anti-stress enfin, sont bénéfiques contre la chute des cheveux.
Où trouver du ginseng ?
La dose conseillée par l’OMS est de 0,5 à 2g de racines séchées par jour. Les produits de phytothérapie à base de ginseng renferment habituellement 7% de ginsénosides, voire 20 à 25% pour les plus concentrés (5).
Mais la biodisponibilité des ginsénosides est faible en raison de leur structure chimique particulière. Ils sont peu absorbés par l’organisme, car ils traversent difficilement la barrière intestinale et sont rapidement dégradés par l’acidité gastrique.
Les processus industriels et l’utilisation d’extrait titré permettent de palier à certains de ces inconvénients, de garantir et d’optimiser la teneur en ginsénosides.
On les trouve sous forme de poudre ou dans des compléments alimentaires en gélules ou comprimés.
Précautions d’usage
- La prise de ginseng est à privilégier le matin afin d’éviter les risques d’insomnie.
- Le ginseng est dénué de toxicité. En revanche, ces effets tonifiants peuvent s’additionner à ceux d’autres plantes telles que le café, thé, guarana, rhodiola et ashwagandha, et entrainer quelques effets indésirables comme des insomnies, nervosité, inconforts digestifs, accélération du rythme cardiaque, élévation de la pression artérielle, etc.
- Pour les personnes sous contrôle médical, parlez-en à un professionnel de santé, comme à un de nos pharmaciens partenaires agréés ou demandez conseil à notre service client.
Nos compléments alimentaires contenant cet actif : ginseng
Bibliographie
(1) Wee J et al., Biological Activities of Ginseng and Its Application to Human Health. In: Benzie IFF, Wachtel-Galor S, editors, Herbal Medicine: Biomolecular and Clinical Aspects, 2nd edition, Boca Raton (FL): CRC Press/Taylor & Francis, 2011.
(2) Todorova V et al., Plant Adaptogens-History and Future Perspectives, Nutrients, 2021, 13(8):2861.
(3) Kim SY et al., Effects of red ginseng supplementation on menopausal symptoms and cardiovascular risk factors in postmenopausal women: a double-blind randomized controlled trial, Menopause, 2012, 19(4):461-6.
(4) Vidal, Phytothérapie : Ginseng, février 2023.
(5) WHO monographs on selected medicinal plants, Volume 1.
(6) Lim TG et al., Ginsenosides and their metabolites: a review of their pharmacological activities in the skin, Arch Dermatol Res, 2015, 307(5):397-403.
(7) Cong L et al., Effect of anti-skin disorders of ginsenosides- A Systematic Review, J Ginseng Res, 2023, 47(5):605-14.