Carnosine
Bienfaits et propriétés
La Carnosine (β-alanyl-L-histidine) est un dipeptide composé de deux acides aminés, la bêta-alanine et l’histidine. Dans le corps, elle est particulièrement concentrée dans les muscles, le cerveau, le cœur et les yeux. Elle possède des propriétés antioxydantes et anti-glycation essentielles dans la lutte contre le vieillissement des cellules.
Sommaire
- La Carnosine : un puissant antioxydant
- Un agent anti-glycation
- La Carnosine, des bienfaits visibles sur la peau
- Carnosine : quels sont ses rôles dans le muscle ?
- Zinc et Carnosine, des interactions bénéfiques
- Carnosine et cheveux : quelle relation ?
- Carnosine et prise de poids
- Dans quels aliments trouve-t-on de la Carnosine ?
L’oxydation et la glycation sont deux phénomènes bien connus impliqués dans le vieillissement prématuré de nos cellules. La Carnosine possède des propriétés qui permettent de lutter contre ces deux modes de vieillissement (1).
La Carnosine : un puissant antioxydant
Toutes nos cellules utilisent de l’oxygène pour réaliser les nombreuses réactions biochimiques nécessaires à leur fonction. Elles rejettent des radicaux libres, des molécules très réactives, qui en excès peuvent endommager les cellules, perturber leur fonctionnement, voire provoquer leur mort accélérée : c’est le stress oxydatif. Ces radicaux libres sont éliminés grâce à des antioxydants. Mais de nombreuses situations sont à l’origine d’une surproduction de radicaux libres, qui dépassent les capacités des antioxydants : expositions aux UV, tabagisme, sport intense, maladies, médicaments…
C’est la raison pour laquelle une alimentation riche en antioxydants (notamment en fruits et légumes lesquels renferment de nombreux antioxydants alimentaires) se justifie, avec parfois le recours à une supplémentation.
La Carnosine est un des nombreux antioxydants utilisés par l’organisme pour lutter contre le stress oxydatif à l’origine du vieillissement accéléré des cellules (2).
Un agent anti-glycation
La Carnosine est également impliquée dans la prévention du vieillissement cellulaire en tant qu’agent anti-glycation (3, 4).
La glycation est une réaction chimique au cours de laquelle, les sucres (glucides) se fixent sur les protéines. Elle pourrait être décrite comme une réaction de caramélisation des protéines en présence de sucre. C’est la « réaction de Maillard » que l’on observe tous les jours en cuisine. Elle est responsable de la couleur de la croûte du pain, des biscottes, du brunissement de la peau du poulet, des frites, du fromage gratiné…
Ce phénomène se produit aussi dans notre corps, dans tous nos organes et nos cellules, particulièrement lorsque le taux de sucre (glycémie) est trop élevé. Il est responsable de la perte d’élasticité et de la souplesse des tissus.
La Carnosine, des bienfaits visibles sur la peau
L’exemple de notre peau est très parlant avec la glycation du collagène. En présence de glucose, cette protéine majoritairement présente dans le derme subit une glycation qui donne naissance à des composés appelés « glycotoxines » ou AGE pour Advanced Glycation End products. En excès, ils se lient entre eux et rigidifient les fibres de collagène. La peau perd de sa souplesse et de son élasticité, renforçant l’apparition de rides. Ce même phénomène irréversible se produit dans tous les tissus en raison de la présence de collagène, rigidifiant la paroi des vaisseaux sanguins, des tendons et ligaments, des reins, de la rétine, des articulations, même des neurones, menant à leur vieillissement prématuré. Les dégâts ne sont pas instantanés, ils mettent des années à s’installer.
La Carnosine est considérée comme un agent anti-glycation. Elle s’oppose à la formation des AGE en piégeant les molécules de glucose, les empêchant ainsi d’endommager les protéines. Autrement dit, en freinant la glycation, la Carnosine prolonge la durée de vie des cellules, ce qui est particulièrement intéressant pour les cellules à longue durée de vie telles que les neurones et les cellules musculaires. Ce phénomène peut également expliquer pourquoi le taux de Carnosine est particulièrement élevé dans ces types de cellules. Dans le muscle, la concentration de Carnosine est corrélée positivement avec la longévité, ce qui en fait un biomarqueur potentiel du vieillissement (1).
De plus, la Carnosine pourrait contribuer à améliorer la sensibilité à l’insuline avec un effet hypoglycémiant. La diminution du taux de glucose dans le sang réduit la disponibilité du sucre nécessaire à la réaction de glycation.
Ces 2 propriétés antioxydantes et anti-glycation jouent un rôle majeur dans la prévention du vieillissement prématuré (5) impliqué dans les maladies chroniques, dégénératives et neurodégénératives (diabète, cataracte, cancer, Alzheimer, Parkinson, arthrite…).
Carnosine : quels sont ses rôles dans le muscle ?
Très présente dans le muscle, la Carnosine est une molécule utile pour lutter contre l’oxydation et la glycation musculaire, deux phénomènes cellulaires qui sont d’autant plus importants qu’ils sont stimulés par l’effort physique intense.
Le saviez-vous ?
Lors d’un effort physique, le taux de radicaux libres dans notre organisme double. Si l’activité sportive est réalisée de manière intensive et fréquente, l’augmentation répétitive des taux de radicaux libres dans l’organisme peut être à l’origine de douleurs liées à l’inflammation (ex : tendinites), voire même d’une difficulté de récupération musculaire.
Dans le muscle, la Carnosine exerce également un rôle tampon, c’est-à-dire qu’elle permet de maintenir un pH stable en régulant l’acidité au sein des cellules musculaires (3).
Cette fonction permet de contrer l’accumulation d’acide lactique (à l’origine de fatigue et de douleurs musculaires) produite lors de l’effort et de le prolonger. L’effet alcalinisant de la Carnosine contribue ainsi à améliorer les performances (intensité, endurance, récupération) (6).
La Carnosine est également capable de chélater certains métaux, c’est-à-dire de les fixer pour mieux les éliminer. C’est le cas pour le cuivre, un oligoélément qui en excès peut se révéler toxique. Il catalyse notamment l’oxydation des sucres, étape nécessaire à la glycation des protéines.
Zinc et Carnosine, des interactions bénéfiques
La Carnosine a la capacité de chélater des métaux comme le Cuivre et le Fer, mais aussi le Zinc. Cette propriété permet à la Carnosine de stabiliser les ions métalliques et d’éviter leur participation à des réactions d’oxydation nocives. En effet, bien qu’essentiel et bénéfique à de très nombreuses fonctions, le Zinc peut à des niveaux trop élevés contribuer au stress oxydatif, d’où l’intérêt de préserver un équilibre auquel la Carnosine participe.
Comme la Carnosine, le Zinc est un activateur de certaines enzymes antioxydantes, notamment la superoxyde dismutase (SOD). Ces deux molécules agissent ainsi en synergie pour améliorer les mécanismes de défense du corps contre le stress oxydatif et les dommages cellulaires.
Carnosine et cheveux : quelle relation ?
Les propriétés antioxydantes et anti-glycation de la Carnosine sont bénéfiques à la santé des cheveux. Elles protègent les follicules pileux du stress oxydatif, facteur clé du vieillissement prématuré des cheveux et de la perte de cheveux. En les protégeant également de la glycation, la structure des protéines du cuir chevelu est préservée, ce qui contribue à la qualité et la beauté du cheveu.
Carnosine et prise de poids
Le rôle de la Carnosine dans la régulation de la sensibilité à l’insuline pourrait influencer indirectement le poids. En effet, une meilleure sensibilité à l’insuline permet une utilisation plus efficace du glucose par les cellules, réduisant ainsi l’accumulation de graisses corporelles.
La protection contre le stress oxydatif et la glycation contribue aussi à préserver les cellules de perturbations métaboliques pouvant favoriser la détérioration les tissus, la résistance à l’insuline des tissus et le stockage des graisses corporelles.
Dans quels aliments trouve-t-on de la Carnosine ?
Naturellement concentrée dans les muscles, la Carnosine est surtout présente dans les aliments d’origine animale, principalement :
- les viandes comme le bœuf, le poulet, le porc
- et le poisson.
Les personnes végétariennes ou végétaliennes ont souvent des niveaux plus bas de Carnosine, car elle n’est pas présente dans les végétaux.
Si elle est naturellement apportée par l’alimentation, notre corps peut produire lui-même de la Carnosine à partir de la bêta-alanine et de l’histidine. L’union de ces deux acides aminés nécessite l’intervention d’une enzyme, la Carnosine synthétase.
Lors de cette réaction, la bêta-alanine est le précurseur limitant, ce qui signifie que des 2 acides aminés qui vont composer la Carnosine, c’est la bêta-alanine qui risque le plus souvent de manquer (7).
Ces 2 acides aminés sont apportés par la nourriture. La bêta-alanine peut également provenir de la dégradation de protéines ou de peptides comme la Carnosine elle-même en faisant intervenir l’enzyme carnosinase.
Comme tous les métabolismes du corps, la production de Carnosine tend à décliner avec l’âge.
Une supplémentation en Carnosine ou en bêta-alanine peut se révéler utile selon les besoins de l’organisme et le mode d’alimentation.
Nos compléments alimentaires contenant cet actif : carnosine
Bibliographie
(1) Robin JM, La glycation, un phénomène méconnu du vieillissement, Nutranews, Septembre 2000, Science, Nutrition, Prévention et Santé édité par l’Association Nutrition et Prévention.
(2) Solana-Manrique C et al., Antioxidant and Neuroprotective Effects of Carnosine: Therapeutic Implications in Neurodegenerative Diseases, Antioxidants (Basel), 2022, 11(5):848.
(3) Boldyrev AA et al., Physiology and Pathophysiology of Carnosine, Phisiol Rew, 2013, 93(4):1803-45.
(4) Hipkiss AR et al., A possible new role for the anti-ageing peptide Carnosine, Cell Mol Life Sci, 2000, 57(5):747-53.
(5) Hipkiss AR et al., Reaction of Carnosine with aged proteins: another protective process? Ann N Y Acad Sci, 2002, 959:285-94.
(6) Derave W et al., Muscle Carnosine metabolism and beta-alanine supplementation in relation to exercise and training, Sports Med, 2010, 40(3):247-63.
(7) Trexler ET et al., International society of sports nutrition position stand: Beta-Alanine, Journal of the International Society of Sports Nutrition, 2015, 12(1).