Introduction

Il existe de très nombreux types de maux de tête, mais on distingue classiquement 2 grandes catégories de céphalées : les migraines et les céphalées de tension, en fonction de leurs manifestations, en termes de caractéristiques de la douleur, d’intensité et de fréquence.
La migraine est l’une des maladies les plus fréquentes, affectant 15% de la population française adulte. C’est aussi l’une des maladies neurologiques les plus invalidantes (1), en raison de la sévérité des crises, de leur retentissement émotionnel et du risque d’évolution vers un état douloureux de fond permanent.

Résumé en 3 points :

  1. Les maux de tête se divisent principalement en migraine (douleur unilatérale, pulsatile, modérée à sévère, souvent aggravée par l’activité) et céphalées de tension (douleur bilatérale, non pulsatile, sensation d’étau, intensité faible à modérée).
  2. La migraine, maladie neurologique fréquente et invalidante, touche 15% des adultes français. Elle se manifeste par des crises douloureuses, souvent associées à des nausées, hypersensibilité à la lumière ou au bruit, et parfois précédées d’une aura (troubles visuels ou sensitifs).
  3. Les causes de la migraine reposent sur une prédisposition génétique, une excitabilité cérébrale accrue et des facteurs déclenchants (alimentation, stress, variations hormonales, troubles du rythme de vie), aboutissant à une vasodilatation et une inflammation des vaisseaux des méninges.

Les symptômes de la migraine et des céphalées de tension

Parmi les différents types de maux de tête, regroupés sous le terme médical de « céphalées », la migraine est bien particulière.

Elle répond à des critères diagnostics spécifiques bien établis par l’International Headache Society (IHS), tels que décrits ici (2) :

  • Lorsque vous avez mal à tête, vos crises durent entre 4 et 72 heures (sans traitement).
  • La douleur est caractérisée par au moins 2 des éléments suivants :
    • Douleur unilatérale (d’un seul côté de la tête)
    • Pulsatile
    • Intensité modérée à sévère
    • Aggravation par une activité physique de routine (comme une montée ou descente d’escaliers)
  • Cette douleur est associée à au moins 1 des symptômes suivants :
    • Nausées ou vomissements
    • Hypersensibilité à la lumière et/ou au son
  • Vous avez déjà souffert d’au moins 5 crises qui répondent à ces items

Si vos douleurs correspondent à ces 4 critères, vous faites partie des 10 millions de Français migraineux (1).

temporalite des maux de tete et migraines

La migraine comprend 4 phases : Phase 1 : Les prodromes, Phase 2 : L’aura, Phase 3 : La crise de migraine, Phase 4 : Les postdromes

La migraine avec aura

Il s’agit d’un ensemble de symptômes se manifestant durant quelques minutes à une heure avant l’apparition de la crise de migraine.Il peut s’agir de sensations visuelles, telles que l’apparition de taches sombres ou lumineuses, de scintillements ou d’éblouissements. On parle alors couramment de « migraine ophtalmique ».Moins commun : des auras sensitives avec des fourmillements, engourdissements et picotements, ou motrices avec des mouvements involontaires et des troubles de la coordination.

Environ 30% des migraineux souffrent de migraine avec aura.

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Les céphalées de tension

Par comparaison à la migraine, les autres types de maux de tête également appelés céphalées de tension se caractérisent par une douleur bilatérale, non pulsatile de courte durée et d’intensité légère à modérée avec une sensation d’étau.

Quelles sont les causes de la migraine ?

1/ La migraine : cause d’origine génétique ?

La migraine est liée à une excitabilité cérébrale différente de celle des non migraineux, qui a une origine génétique.

Toutefois, il n’existe pas un gène spécifique de la migraine, mais une association de plusieurs variants génétiques qui codent pour des protéines participant aux mécanismes de la communication entre les neurones.

Plus d’une douzaine de gènes de susceptibilité à la migraine auraient été identifiés.

2/ Une vulnérabilité à des facteurs déclenchants

Cette prédisposition génétique rend le migraineux vulnérable à de multiples facteurs déclenchant les crises. Ces facteurs relèvent tous d’un changement d’état.

  • Consommation de certains aliments ou excitants : chocolat, charcuterie, tabac, café, alcool
  • Facteurs sensoriels : lumières (intenses, clignotantes), bruits, odeurs
  • Changements de rythme de vie : stress, contrariété, relaxation soudaine (début du week-end), excès ou manque de sommeil, variation dans l’horaire des repas, repas trop copieux, décalage horaire
  • Facteurs hormonaux : diminution brutale du taux d’œstrogènes en fin de cycle menstruel chez la femme
  • Conditions météorologiques : chute brutale de la pression atmosphérique souvent annonciatrice d’un temps pluvieux, expositions au soleil

Les mécanismes de la migraine

Si l’origine exacte de la migraine reste mystérieuse, en revanche grâce aux progrès de la recherche, les mécanismes sont de mieux en mieux connus. Ils relèvent d’un phénomène neurovasculaire.

À la suite d’une stimulation cérébrale, la douleur de la crise migraineuse est liée à une dilatation, puis à une inflammation des vaisseaux sanguins cérébraux, notamment des artères qui innervent les méninges, l’enveloppe du cerveau. 

1/ Excitabilité cérébrale

Un dysfonctionnement des mitochondries a été impliqué dans les mécanismes de la migraine (3).

Les mitochondries sont de petites unités présentes dans chacune de nos cellules. Elles sont responsables de la production d’énergie.

Si elles ne réussissent pas à fournir suffisamment d’énergie, l’excitabilité des neurones devient anormale, phénomène lié à l’origine génétique de la migraine et au déclenchement des crises.

2/ Vasodilatation et inflammation des méninges

L’excitabilité cérébrale anormale stimule les nerfs trijumeaux impliqués dans le contrôle du tonus des vaisseaux sanguins, ce qui induit une dilatation vasculaire dans les méninges. Cette activation qui met en jeu le neuromédiateur “sérotonine” provoque également la libération de molécules (des neuropeptides, dont la substance P) à l’origine d’une inflammation des méninges.

Migraine causes

Pourquoi 3 fois plus de femmes migraineuses que d’hommes ?

Plusieurs mécanismes ont été évoqués pour expliquer cette différence, notamment les hormones sexuelles impliquées dans la grossesse, le cycle menstruel et la migraine hémiplégique familiale liée au chromosome X. Plus récemment, la transmission mitochondriale a été évoquée (4).
En effet, il faut savoir que la mitochondrie possède son propre ADN et que celui-ci est exclusivement transmis par la mère, de sorte qu’un ADN mitochondrial défaillant se retrouve plus souvent chez les femmes.

Migraine : cause… et soulagement

Voici quelques gestes simples qui peuvent vous aider à savoir comment faire passer la migraine ?

  • Rompre avec le déni : la tenue d’un journal des migraines, comme celui qui figure à la fin de notre Carnet Maux de tête et migraine à télécharger, peut vous aider à identifier leur fréquence, leur intensité et leurs impacts dans votre vie quotidienne.
  • Consulter un médecin afin d’établir un diagnostic, évaluer le handicap et mettre en place un traitement antimigraineux.
  • Adapter son hygiène de vie pour atténuer et espacer les crises.

La migraine est considérée comme une maladie ordinaire. Elle est pourtant à l’origine d’un handicap, mais invisible et souvent méconnu, qui touche 10 millions de Français, dont une majorité de femmes.

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Sources : 

(1) Géraud G et al., Céphalées, migraines et algies faciales en 30 leçons, Abrégés Ed Elsevier, 2022.
(2) International Headache Society (IHS), Classification Internationale des Céphalées (ICHD), 3e édition, 2018.
(3) Fila M et al., Mitochondria in migraine pathophysiology – does epigenetics play a role, Arch Med Sci, 2019, 15(4):944-56.
(4) Vetvik KG et al., Sex differences in the epidemiology, clinical features, and pathophysiology of migraine, Lancet Neurol, 2017, 16(1):76-87.

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