Créatine danger : faut-il s’inquiéter de ses effets secondaires ?
Nos compléments alimentaires à base de créatineSommaire
- La créatine : un complément parmi les plus étudiés
- Quels effets secondaires de la créatine sont parfois rapportés ?
- Créatine et reins : une confusion fréquente
- Créatine et cheveux : favorise-t-elle la chute ?
- Créatine et fonction érectile : un impact ?
- Créatine et cancer : existe-t-il un risque ?
- À quelles conditions la créatine est-elle considérée comme sûre ?
- Créatine et dopage : y a-t-il un lien ?
- Créatine : danger ou complément maîtrisé ?
- Bibliographie
Utilisée depuis plusieurs décennies dans le domaine sportif, la créatine est aujourd’hui l’un des compléments alimentaires les plus documentés scientifiquement. Son intérêt nutritionnel est bien connu dans les efforts courts, répétés et de haute intensité.
Pourtant, malgré ce recul scientifique, elle reste associée à de nombreuses interrogations : prise de poids, crampes, troubles digestifs ou encore risques pour les reins.
La créatine présente-t-elle réellement un danger ? Les données actuelles permettent aujourd’hui de distinguer les faits scientifiques des idées reçues.
Résumé en 3 points
- La créatine est l’un des compléments alimentaires sportifs les plus étudiés à ce jour.
- Aux doses recommandées, les données scientifiques disponibles indiquent une bonne tolérance chez l’adulte en bonne santé.
- Certains effets secondaires mineurs peuvent apparaître chez des personnes sensibles, d’où l’importance de respecter les recommandations d’usage, dont le dosage.
La créatine : un complément parmi les plus étudiés
La créatine est un composé naturellement synthétisé par l’organisme à partir de trois acides aminés : glycine, arginine et méthionine. Elle est également apportée par l’alimentation, principalement via les viandes et les poissons.
Son rôle principal est de participer à la régénération rapide de l’ATP, source d’énergie immédiate lors d’efforts explosifs.
La popularité des effets de la créatine dans le sport a conduit à de très nombreuses publications scientifiques depuis les années 1990. Une revue publiée dans Pharmacological Reviews par Anthony M. Persky et Gary A. Brazeau reste une référence sur son métabolisme, sa pharmacocinétique et son profil de sécurité (1).
En complémentation aux doses recommandées, les données scientifiques disponibles indiquent une bonne tolérance chez l’adulte en bonne santé.
Quels effets secondaires de la créatine sont parfois rapportés ?
Selon les données cliniques disponibles, la créatine ne semble pas entraîner d’effets secondaires majeurs lorsqu’elle est consommée dans les doses recommandées.
Certaines publications décrivent néanmoins, chez des sujets sensibles, l’apparition possible de signes mineurs comme :
- Inconfort digestif
- Ballonnements
- Maux de tête
- Sensation de rétention d’eau
- Crampes musculaires
Une étude publiée dans Mayo Clinic Proceedings a observé ces effets dans certaines populations sportives, sans établir de lien systématique ou grave avec la supplémentation (2).
Concernant les crampes, plusieurs auteurs rappellent qu’elles peuvent aussi être favorisées par une hydratation insuffisante ou un contexte d’entraînement intensif (3).
Créatine et reins : une confusion fréquente
Le sujet le plus souvent évoqué concerne la fonction rénale.
Cette inquiétude repose sur le fait que la créatine augmente la production de créatinine, un métabolite naturellement éliminé dans les urines et utilisé comme marqueur biologique de la fonction rénale.
Cette élévation peut parfois être interprétée à tort comme un signe d’altération rénale.
Une méta-analyse publiée dans le Journal of Renal Nutrition regroupant plus de vingt études conclut que la supplémentation en créatine n’est pas dangereuse pour les reins. Aux doses physiologiques, elle n’altère pas la fonction rénale chez des adultes en bonne santé (4). Ces données sont cohérentes avec d’autres travaux publiés dans Journal of Herbal Pharmacotherapy, qui confirment un bon profil de sécurité rénale dans les conditions normales d’utilisation (5).
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Créatine et cheveux : favorise-t-elle la chute ?
C’est une question fréquente, souvent relayée dans le sport.
Cette inquiétude vient principalement d’une étude publiée en 2009 chez des rugbymen, ayant observé une augmentation de la dihydrotestostérone (DHT), un métabolite de la testostérone impliqué dans l’alopécie androgénétique (8).
Cependant, cette étude n’a pas mesuré directement la perte de cheveux, et à ce jour, aucune étude clinique n’a démontré que la créatine provoque une chute de cheveux chez l’homme ou la femme.
Une revue récente de la littérature souligne que les données disponibles ne permettent pas d’établir un lien de cause à effet entre supplémentation en créatine et alopécie.
Créatine et fonction érectile : un impact ?
La créatine est parfois associée à des interrogations sur la libido ou la fonction érectile. Mais à ce jour, aucune donnée clinique solide ne montre qu’une supplémentation en créatine altère la fonction érectile. L’étude d’Antonio et Ciccone publiée dans le Journal of the International Society of Sports Nutrition a évalué la composition corporelle et la force, sans mettre en évidence d’effet délétère hormonal pertinent de la créatine, et sans rapporter d’élément en faveur d’un impact sur la fonction sexuelle (9). En l’état actuel des connaissances, aucun lien direct entre créatine et dysfonction érectile n’est établi.
Créatine et cancer : existe-t-il un risque ?
Les données scientifiques disponibles ne montrent pas que la créatine présente un effet cancérigène chez l’humain aux doses usuelles. Les revues de sécurité actuelles, dont la position de l’International Society of Sports Nutrition, concluent que la créatine monohydrate est globalement bien tolérée chez l’adulte sain (10).
En l’état actuel des connaissances, la créatine ne figure pas parmi les substances classées comme cancérigènes.
À quelles conditions la créatine est-elle considérée comme sûre ?
Les données actuelles montrent que la créatine semble sûre chez l’adulte en bonne santé lorsqu’elle est utilisée conformément aux recommandations, généralement autour de 3 g par jour.
Cette dose correspond d’ailleurs à celle reconnue par l’European Food Safety Authority dans le cadre de son évaluation scientifique sur la performance physique (6).
Cette notion de sécurité d’emploi est également soutenue par la position officielle de l’International Society of Sports Nutrition, publiée dans le Journal of the International Society of Sports Nutrition, qui considère la créatine comme l’un des compléments alimentaires les mieux documentés en matière d’efficacité et de tolérance chez le sportif (7).
Comme pour toute complémentation, certaines précautions restent importantes :
- Respecter les dosages recommandés
- Éviter les prises excessives
- Maintenir une hydratation adaptée
- Intégrer la supplémentation dans une alimentation équilibrée
Créatine et dopage : y a-t-il un lien ?
La créatine est souvent associée au dopage en raison de son utilisation fréquente dans le sport de haut niveau. Pourtant, il est important de distinguer supplémentation nutritionnelle et substances dopantes.
La créatine n’est pas inscrite sur la liste des substances interdites de l’World Anti-Doping Agency (Agence Mondiale Antidopage). Elle est considérée comme un complément alimentaire légal. Son mécanisme repose sur l’optimisation des réserves énergétiques musculaires, sans modifier artificiellement les hormones ou masquer d’autres substances.
Le comité scientifique de l’International Society of Sports Nutrition considère la créatine comme l’un des compléments « ergogènes » les plus étudiés, avec un bon niveau de sécurité lorsqu’elle est utilisée correctement. La vigilance porte surtout sur la qualité du produit et le risque de contamination croisée dans certaines filières non contrôlées.
Créatine : danger ou complément maîtrisé ?
À la lumière des connaissances actuelles, la créatine ne semble pas présenter de danger particulier chez les adultes en bonne santé lorsqu’elle est utilisée de façon raisonnée.
Les principaux risques observés concernent surtout des usages inadaptés : surdosage, absence de suivi, contexte médical particulier ou public déconseillé. Par exemple, elle n’est pas adaptée aux femmes enceintes, allaitantes ni aux enfants.
En cas de doute, de pathologie rénale préexistante ou de traitement médicamenteux, l’avis d’un professionnel de santé reste indispensable avant toute supplémentation.
Nos compléments alimentaires contenant cet actif : créatine
Bibliographie
(1) Persky AM & Brazeau GA, Clinical pharmacology of the dietary supplement creatine monohydrate, Pharmacol Rev, 2001, 53(2):161-76.
(2) Smith J et al., Creatine use among a select population of high school athletes, Sports Medicine Mayo Clinic Proceedings, 2000, 75(12):1257-63.
(3) Clark JF, Creatine and phosphocreatine: a review of their use in exercise and sport, J Athl Train, 1997, 32(1):45-51.
(4) de Souza E Silva A et al., Effects of Creatine Supplementation on Renal Function: A Systematic Review and Meta-Analysis, J Ren Nutr, 2019, 29(6):480-9.
(5) Yoshizumi WM et al., Effects of creatine supplementation on renal function, J Herb Pharmacother, 2004, 4(1):1-7.
(6) EFSA Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies (NDA), Scientific Opinion on the substantiation of a health claim related to creatine and increase in physical performance during short-term, high-intensity, repeated exercise bouts pursuant to Article 13(1) of Regulation (EC) No 1924/2006, EFSA Journal, 2011, 9(7):2303.
(7) Kreider RB et al., International Society of Sports Nutrition position stand: safety and efficacy of creatine supplementation in exercise, sport, and medicine, J Int Soc Sports Nutr, 2017, 13;14:18.
(8) van der Merwe J et al., Three weeks of creatine monohydrate supplementation affects dihydrotestosterone to testosterone ratio in college-aged rugby players, Clin J Sport Med, 2009, 19(5):399-404.
(9) Antonio J et al., The effects of pre versus post workout supplementation of creatine monohydrate on body composition and strength, J Int Soc Sports Nutr, 2013,10:36.
(10) Kreider RB et al., International Society of Sports Nutrition position stand: safety and efficacy of creatine supplementation in exercise, sport, and medicine, J Int Soc Sports Nutr, 2017, 14:18.