Introduction

Les douleurs articulaires sont fréquentes et très variables : douleurs qui réveillent la nuit ou qui s’accentuent aux mouvements, des crises entrecoupées de périodes d’accalmie, une articulation rouge, chaude et gonflée, des déformations… Que se passe-t-il au cœur de vos articulations pour déclencher de telles manifestations ? Et parle-t-on de rhumatismes, d’arthrose ou d’arthrite ?

Résumé en 4 points

  • Les douleurs articulaires ont des origines diverses. Elles peuvent être liées à une usure mécanique du cartilage (arthrose) ou à une inflammation de l’articulation (arthrite), deux mécanismes distincts, mais parfois associés.
  • L’arthrose correspond à une dégradation progressive du cartilage. Elle évolue par poussées douloureuses entrecoupées de phases plus calmes et peut concerner toutes les articulations.
  • L’arthrite est un processus inflammatoire. Elle se manifeste par une articulation chaude, rouge, gonflée et raide, avec des douleurs souvent plus marquées au repos ou la nuit.
  • La prise en charge est globale et individualisée. Elle repose sur le maintien d’une activité physique adaptée, les traitements prescrits par le professionnel de santé et, en complément, une approche micronutritionnelle visant à soutenir le fonctionnement normal des tissus conjonctifs : cartilages, ligaments, os. Les compléments alimentaires ne remplacent pas un traitement médical et s’intègrent dans une hygiène de vie équilibrée.

L’arthrose, une usure mécanique des articulations

À mesure qu’elles sont sollicitées, les articulations s’usent, c’est-à-dire que le cartilage qui protège les os s’amenuise progressivement.

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Zoom sur l’anatomie d’une articulation

Chaque extrémité osseuse est recouverte d’une couche de cartilage et d’une membrane synoviale qui fabrique un gel nutritif et lubrifiant du même nom : le liquide synovial. C’est lui qui facilite le glissement des surfaces osseuses les unes sur les autres. Ce liquide synovial joue également un rôle d’amortisseur en répartissant les pressions sur les os.

Mais avec le temps, le cartilage et la membrane synoviale s’affinent progressivement, les articulations coulissent moins bien, voire frottent l’une sur l’autre, ce qui est de plus en plus douloureux : c’est l’arthrose ! Cette affection fait partie des rhumatismes, terme qui désigne l’ensemble des atteintes touchant les tissus articulaires : os, cartilage, ligaments, muscles et tendons.

Schéma de l'articulation douloureuse
L’articulation est constituée de plusieurs éléments complémentaires : les extrémités osseuses recouvertes de cartilage, la membrane synoviale qui produit le liquide synovial lubrifiant, la capsule articulaire qui entoure et protège l’ensemble, ainsi que les ligaments et les muscles qui assurent stabilité et mobilité. L’équilibre et l’intégrité de ces différents composants sont essentiels au bon fonctionnement articulaire.

Les crises d’arthrose sont imprévisibles

L’évolution de l’arthrose est très variable, parfois très rapide, parfois sur plusieurs années, silencieuse ou avec des douleurs intenses.

En revanche, l’arthrose se manifeste typiquement par crises ou poussées (phases aiguës) durant lesquelles la douleur est intense, entrecoupées de périodes dites d’accalmie (phases chroniques), moins douloureuses et moins gênantes dans la vie quotidienne.

La douleur se manifeste typiquement lors des mouvements et s’accentue au fil de la journée, surtout dans les positions debout ou assises prolongées. Elle s’atténue avec le repos, de sorte que le matin au réveil, elle est à son minimum.

Toutes les articulations peuvent être touchées

Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les genoux et les hanches les plus souvent touchés par l’arthrose, mais les cervicales et les lombaires, puis les doigts. Cette impression est tout simplement liée au fait que les arthroses du genou et de la hanche sont les plus connues, car en portant le poids du corps les atteintes de ces articulations sont les plus invalidantes.

Quand les articulations se déforment…

L’usure du cartilage a une autre conséquence : en réaction à la pression croissante qui s’exerce sur les deux extrémités osseuses, l’os se développe, prend du volume, devient plus dense et fabrique autour des articulations des excroissances nommées « ostéophytes ».

Ce phénomène est à l’origine des déformations typiques des doigts chez les personnes atteintes d’arthrose, mais toutes les articulations peuvent être concernées.

Sommes-nous tous prédestinés à souffrir d’arthrose ?

L’arthrose se manifeste le plus souvent partir de 50 ans. Mais de très nombreux facteurs influencent une installation plus précoce. Ce sont notamment toutes les situations qui sursollicitent les articulations ou qui pèsent sur celles-ci, comme les métiers qui imposent la station debout, le port de charges lourdes, le surpoids, le sport intensif, les mauvaises positions, etc.

Il existe donc des personnes à risque plus élevé d’arthrose, expliquant pourquoi cette affection ne débute pas chez tout le monde au même âge, d’autant plus que la génétique, certaines maladies comme le diabète ou les affections osseuses favorisent aussi la survenue des rhumatismes.

On estime à 9-10 millions le nombre de Français concernés par l’arthrose, dont 65% des plus de 65 ans et 80% des plus de 80 ans (1). Autrement dit, après l’âge de 75 ans, il devient exceptionnel de ne pas souffrir d’arthrose. Il est cependant possible de retarder la survenue d’une arthrose, de freiner sa progression et il existe aujourd’hui des moyens efficaces de soulager la douleur rhumatismale.

Arthrose ou arthrite ?

L’arthrite ne désigne pas une usure du cartilage, mais une inflammation de l’articulation. On parle ici non plus de rhumatisme dégénératif, mais de rhumatisme inflammatoire. 

Il s’agit d’une inflammation de la membrane synoviale. Elle s’épaissit anormalement, ce qui endommage les tissus environnants et les surfaces osseuses. L’articulation devient chaude, rouge et gonflée. Elle est raide et nécessite un « déverrouillage » après le repos, surtout le matin au réveil. La douleur ressentie est permanente, mais aussi très présente la nuit, pouvant réveiller l’arthritique en pleine nuit, avec un pic le matin au réveil, lorsqu’il faut remettre ses articulations en fonctionnement.

Une grande famille d’arthrites

Il existe de très nombreuses formes d’arthrite : polyarthrite rhumatoïde, goutte, lupus, arthrite psoriasique, spondylarthrite ankylosante, arthrite infectieuse, etc.
Mais il faut aussi savoir que l’arthrose est aujourd’hui considérée comme une forme précurseur d’arthrite. En effet, à mesure que l’arthrose évolue, elle devient souvent inflammatoire…

Arthrose ou arthrite le comparatif
Arthrose ou arthrite ? L’arthrose est due à une usure mécanique du cartilage. L’arthrite correspond à une inflammation de l’articulation. Ces 2 mécanismes sont distincts, mais peuvent aussi être associés.

Quand l’arthrose devient arthrite

L’usure mécanique à l’origine de l’arthrose peut entrainer une inflammation de l’articulation et donc dégénérer en arthrite. En effet, à la longue, la membrane synoviale souffre et riposte en augmentant sa production de liquide synovial, lequel s’accumule dans l’articulation et déclenche une inflammation locale.

Parallèlement, le cartilage, très fragilisé, peut se fragmenter. Les petits morceaux de cartilage, coincés au creux des articulations, accentuent la douleur et provoquent eux aussi une inflammation locale. L’articulation devient chaude, rouge, gonflée et des raideurs apparaissent. Ce sont bien les signes de l’arthrite.

Que l’on se rassure, il existe des solutions pour freiner une telle évolution.

A retenir

Contrairement à l’os, le cartilage se régénère difficilement, car il est dépourvu de nerfs et de vaisseaux sanguins. La grande simplicité de ce tissu a d’ailleurs donné l’idée à des chercheurs en médecine régénératrice de tenter à reproduire du cartilage par impression 3D (2).

Quelles solutions contre les douleurs articulaires, l’arthrose et l’arthrite ?

La première étape incontournable consiste à soulager la douleur pour pouvoir continuer à bouger. En effet, si la douleur limite les mouvements, l’inactivité va accentuer la fragilité articulaire. Pourquoi ? Lorsque l’on bouge, on renforce nos muscles et notamment ceux qui soutiennent nos articulations. On stimule également le renouvellement des tissus osseux et ligamentaires qui contribuent à la bonne santé articulaire. Préserver une activité physique adaptée constitue donc un pilier essentiel de la prise en charge.

Le traitement médicamenteux de la douleur repose principalement sur le paracétamol et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Des injections intra-articulaires de corticoïdes ou d’acide hyaluronique peuvent également être proposées.

Rôle de l’assiette

L’alimentation joue également un rôle clé dans l’équilibre articulaire. Une assiette riche en aliments à potentiel anti-inflammatoire (fruits et légumes colorés, acides gras oméga-3, épices) est recommandée. À l’inverse, une consommation excessive de sucres raffinés et une alimentation favorisant l’acidité métabolique peuvent accentuer les mécanismes inflammatoires et fragiliser les tissus articulaires.

Rôle de la micronutrition

En complément, la micronutrition s’intéresse aux besoins spécifiques de l’organisme en micronutriments et composés bioactifs impliqués dans le fonctionnement des tissus conjonctifs et articulaires.

Par exemple :

  • Le cuivre contribue au maintien de tissus conjonctifs normaux.
  • Le manganèse contribue à la formation normale des tissus conjonctifs.
  • Le zinc contribue au maintien de l’ossature et aide à protéger les cellules contre le stress oxydatif.
  • La vitamine C est impliquée dans la formation du collagène, une protéine composée d’acides aminés, essentielle à la structure des cartilages, des os et des ligaments.

À lire également :

D’autres substances telles que la glucosamine, la chondroïtine, certains acides aminés (glycine, proline) ou des extraits végétaux traditionnellement utilisés pour le confort articulaire (harpagophytum, reine-des-prés) font l’objet d’un intérêt scientifique croissant.
Leur utilisation s’inscrit dans une approche globale visant à soutenir l’équilibre nutritionnel.
Les compléments alimentaires peuvent ainsi constituer une aide dans le cadre d’une stratégie globale associant alimentation équilibrée, activité physique adaptée et suivi médical. Ils ne se substituent pas à un traitement médicamenteux prescrit ni à un avis médical.

Selon la ou les articulations touchées, certaines approches peuvent apporter un soulagement et un confort supplémentaires, comme la kinésithérapie, une activité physique encadrée, une perte de poids en cas de surcharge pondérale ou encore les cures thermales.

Rhumatismes et météo : mythe ou réalité ?

Des chercheurs ont voulu vérifier si les rhumatismes étaient sensibles à la météo. Autrement dit, un temps humide et pluvieux augmente-t-il les douleurs articulaires ?

Que dit la science ?  

Plusieurs études menées sur des personnes atteintes d’arthrose du genou ou de lombalgies aiguës ont évalué la relation entre douleurs et météo, durant 3 mois consécutifs pour l’une d’entre elles et auprès de plus de 350 sujets (3).

Aucune n’a établi de lien direct significatif entre l’intensité de la douleur et les conditions météorologiques : humidité, pluie, vent, température ou pression atmosphérique. Les douleurs lombaires ne permettent pas non plus de prévoir les intempéries (4).

Ce résultat a encore été confirmé en 2024 par une analyse de la littérature ayant inclus 11 études et plus de 15.000 participants (5).  

Alors pourquoi certains ressentent plus de douleurs articulaires par temps pluvieux ou avant la pluie ? 

La relation pourrait être indirecte :  

1/ Par mauvais temps, on sort moins et on est moins actif physiquement, ce qui peut raidir les articulations et accentuer la sensation de douleur.  

2/ Un temps gris ou pluvieux peut être déprimant, ce qui peut augmenter la perception de la douleur. 

Le lien direct entre météo et douleurs articulaires reste débattu, mais la recherche continue et de nouveaux éléments pourraient encore émerger.​ 

Néanmoins, votre ressenti reste important. Même par mauvais temps, sortez, bougez et respirez : c’est bénéfique pour votre bien-être et vos articulations.​ 

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Sources : 

(1) Fondation pour la recherche médicale ; Inserm
(2) Inserm, réparer le cartilage, mise à jour novembre 2016.
(3) Ferreira ML et al., The influence of weather on the risk of pain exacerbation in patients with knee osteoarthritis – a case-crossover study, Osteoarthritis Cartilage, 2016, 24(12):2042-47.
(4) Beilken K et al., Acute Low Back Pain? Do Not Blame the Weather—À Case-Crossover Study, Pain Med, 2017, 18(6):1139-44.
(5) Ferreira ML et al., Semin Arthritis Rheum, 2024, 65:152392.

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