Introduction
Bien dormir est essentiel pour récupérer physiquement et mentalement. Pourtant, plus d’un tiers des Français déclarent rencontrer des difficultés de sommeil (1)*. Quelques conseils et astuces pour améliorer la qualité de votre sommeil et bien récupérer.
Résumé en 4 points pour un sommeil réparateur :
- Pour mieux récupérer, adoptez une bonne hygiène du sommeil : environnement adapté, horaires réguliers, limitation des écrans le soir et gestion des difficultés d’endormissement ou des réveils nocturnes.
- Veillez à dormir suffisamment (7 à 9 heures selon les personnes) afin de préserver les cycles de sommeil et notamment le sommeil profond, essentiel à la récupération physique et cognitive.
- L’alimentation, la micronutrition et certaines plantes traditionnellement utilisées pour la détente peuvent accompagner la démarche.
- Certains troubles persistants entrainant une fatigue importante au réveil nécessitent un avis médical (syndrome des jambes sans repos, apnée du sommeil).
Pour un sommeil réparateur : tenir un journal
Tenir régulièrement un journal du sommeil peut permettre d’identifier les situations et les facteurs susceptibles de perturber votre sommeil, et de mettre en place des solutions adaptées.
Construisez votre journal en plusieurs colonnes, dont une pour lister les évènements perturbateurs, et une autre pour les solutions correspondantes, en y annotant leur degré d’efficacité.
Surtout au début, programmez-vous une dizaine de minutes, idéalement tous les jours, pour vous forcer à bien analyser les différentes situations que vous rencontrez et pour réfléchir aux solutions qui vous permettront d’accéder à un sommeil réparateur.
Le saviez-vous ?
Le sommeil n’est pas un état passif, mais une période d’intense activité physiologique :
- Durant le sommeil paradoxal (période des rêves), l’activité cérébrale est intense et rapide, proche de celle de l’éveil.
- Le cerveau produit de la mélatonine, hormone qui favorise l’endormissement et régule le rythme circadien (veille/éveil).
- Des réactivations neuronales se produisent (notamment dans l’hippocampe), permettant le renforcement de la mémoire et des apprentissages.
- Les cellules s’activent pour se régénérer.
- Le corps produit une grande quantité d’hormone de croissance, essentielle pour la réparation des tissus.
- L’activité du système immunitaire s’intensifie.
- Le foie, impliqué dans l’élimination des toxines accumulées durant la journée, est plus particulièrement actif pendant le sommeil profond.
Adopter les bons réflexes selon les situations
Chaque trouble du sommeil a ses particularités et ne nécessite pas toujours les mêmes solutions. Adopter les bons réflexes en fonction de la situation permet souvent d’améliorer la qualité du sommeil et de limiter l’installation d’une fatigue chronique.
L-Noxéam Immédiat
Troubles du sommeil occasionnels Décalage horaire Réveils nocturnes
Difficultés d’endormissement ?
Peu avant le coucher, réalisez une activité de détente pour favoriser un sommeil réparateur.
- Écoutez de la musique apaisante à bas volume : elle est reconnue pour favoriser la relaxation. Cela aurait pour effet de stimuler naturellement votre sommeil
- Chantez sur l’expiration : après avoir inspiré, prononcez clairement les paroles d’une chanson sur l’expiration. Même à peine audible, car l’important est de faire l’effort de prononciation, ce qui déclenchera des bâillements et une sensation de calme.
- Faites des exercices de visualisation ou d’imagerie mentale : créez des représentations précises et détaillées des situations ou objectifs qui vous tracassent pour mieux les dédramatiser, ou imaginez des scènes apaisantes ou des sensations de bien-être (par exemple une vague de lumière qui parcourt votre corps), afin de détourner votre attention des pensées stressantes ou anxiogènes qui peuvent empêcher votre sommeil.
Réveils la nuit ?
Si le sommeil tarde à revenir, relevez-vous et choisissez de faire quelque chose d’ennuyeux comme lire votre contrat d’assurance ou encore mieux une petite séance de méditation qui évitera de rallumer la lumière.
Recouchez-vous dès l’apparition des premiers signes d’endormissement (bâillements, paupières lourdes…).
En revanche, évitez toute activité nocturne stimulante, comme votre série préférée, un polar ou un jeu sur écran qui de plus émettra une lumière intense défavorable au sommeil.
Difficultés à se lever le matin ?
- Même si vous vous sentez encore fatigué, levez-vous, quitte à faire de petites activités comme du rangement léger ou de petites tâches ménagères. La réalisation de ces tâches légères, au lieu de vous fatiguer, vous donnera plus d’énergie.
- Utilisez un appareil de simulation d’aube : en émettant progressivement une lumière naturelle imitant le lever de soleil, il facilite le réveil en cas de difficultés matinales (la lumière qui traverse les paupières envoie un signal au cerveau pour stopper la production de mélatonine, l’hormone du sommeil).
Créer un environnement propice au sommeil réparateur
L’environnement de sommeil joue un rôle essentiel dans la qualité de la récupération nocturne. Une chambre trop lumineuse, trop chaude ou exposée au bruit peut fragmenter le sommeil et entrainer une dette de sommeil lorsque ces perturbations se répètent au fil des semaines.
Il est recommandé de limiter l’exposition aux écrans et à la lumière bleue dans les heures précédant le coucher, de maintenir une température modérée dans la chambre, idéalement autour de 18 à 19°C, et de privilégier un environnement calme. L’obscurité constitue également un signal important pour l’organisme, qui adapte naturellement son rythme veille-sommeil aux variations de luminosité. Lorsque le silence complet n’est pas possible, des protections auditives ou un bruit de fond apaisant peuvent contribuer à réduire les perturbations nocturnes.
Instaurer une routine du coucher
Le cerveau apprécie la régularité. Se coucher et se lever à des horaires relativement stables aide l’organisme à synchroniser son horloge biologique et à anticiper les périodes de sommeil.
Mettre en place une routine du coucher simple et répétitive permet également de préparer progressivement l’organisme au repos. Lecture, exercices de respiration, étirements doux ou activité relaxante constituent autant de signaux favorables à la transition entre les activités de la journée et le sommeil. À l’opposé, les activités stimulantes ou les sollicitations professionnelles tardives peuvent retarder l’endormissement.
L’alimentation, un levier pour un sommeil réparateur
Le contenu de l’assiette peut influencer la qualité du sommeil. Sans remplacer une bonne hygiène de vie, certains nutriments participent aux mécanismes impliqués dans la régulation du rythme veille-sommeil et dans la production de neurotransmetteurs associés à la détente.
Les aliments à privilégier et à éviter le soir
Les aliments contenant naturellement du tryptophane, précurseur de la sérotonine puis de la mélatonine, peuvent trouver leur place dans le cadre d’une alimentation équilibrée. Parmi les aliments riches en tryptophane : produits laitiers, œufs, poissons, légumineuses, fruits à coque…
En revanche, les repas très gras, très épicés ou particulièrement copieux peuvent favoriser des inconforts digestifs et retarder l’endormissement.
Retenez que le repas du soir doit être relativement léger afin de ne pas surcharger la digestion au moment du coucher.
Il est également conseillé de limiter la consommation de café, thé, boissons énergisantes ou alcool en soirée. Si l’alcool peut parfois donner l’impression de favoriser l’endormissement et la somnolence, il tend à altérer la qualité du sommeil et à favoriser les réveils nocturnes.
Les plantes qui favorisent un sommeil réparateur
Certaines plantes sont traditionnellement utilisées pour accompagner la détente et favoriser un sommeil de qualité. C’est notamment le cas de la mélisse, de la valériane, du safran, de la passiflore ou encore de l’aubépine, fréquemment associées dans les compléments alimentaires destinés au sommeil.
Ces plantes sont principalement utilisées pour leurs propriétés relaxantes et leur capacité à favoriser un état de calme propice à l’endormissement. Elles peuvent être intégrées sous forme de tisanes, d’extraits végétaux ou de compléments alimentaires dans le cadre d’une démarche globale visant à améliorer l’hygiène du sommeil.
Besoin d’un sommeil réparateur ?
La grasse matinée
Si habituellement vous dormez bien, une grasse matinée peut permettre de récupérer un manque de sommeil ponctuel, comme celui causé par une soirée tardive ou un déplacement.
En revanche, une simple grasse matinée ne sera pas suffisante en cas de dette de sommeil installée liée à de mauvaises habitudes de sommeil (réveils nocturnes récurrents ou trop précoces, insomnies régulières…).
La sieste
Les siestes sont efficaces pour récupérer sans perturber le cycle nocturne. Mais à la condition qu’elles soient courtes. On parle de microsiestes : entre 10 et 20 minutes et entre 12h et 15h.
Le sport le soir est-il bénéfique à un sommeil réparateur ?
Tout dépend de chacun. En soirée proche du coucher, une séance d’activité physique peut déstresser certains et ainsi favoriser le sommeil. Pour d’autres, le sport le soir aura un effet excitant qui va retarder l’endormissement.
À noter également que l’activité physique tend à augmenter la température corporelle, alors que l’entrée dans le sommeil nécessite inversement une légère diminution de la température du corps.
Sommeil profond et cycles : combien de temps faut-il dormir ?
Le sommeil profond constitue la phase la plus réparatrice du cycle nocturne. Il représente en moyenne 15 à 25% du temps total d’une nuit de sommeil (2).
Chez l’adulte, le sommeil profond dure environ 40 à 110 minutes pour une nuit de 7 à 9 heures, selon l’estimation de la Sleep Foundation.
Cette phase, qui joue un rôle clé dans la récupération, se concentre surtout en début de nuit.
Il faut savoir que le sommeil se compose de 3 à 6 cycles de 60 à 120 minutes qui se succèdent. Les premiers cycles contiennent davantage de sommeil lent profond. Plus la nuit avance, plus les cycles deviennent riches en sommeil paradoxal et pauvres en sommeil profond.
Mais les données scientifiques montrent qu’un sommeil réparateur dépend avant tout de la durée totale du sommeil et de la qualité de l’architecture du sommeil, plutôt que d’un nombre déterminé de minutes de sommeil profond (3).
Une privation de sommeil, même légère mais répétée, perturbe le rythme du sommeil et donc la qualité de la récupération.
Maintien du sommeil : l’intérêt des formes de mélatonine à libération prolongée
La mélatonine est surtout connue pour son rôle dans l’endormissement. Mais certaines formes de mélatonine à libération prolongée permettent une diffusion progressive au cours de la nuit, proche de la sécrétion physiologique, permettant le maintien du sommeil et la continuité des cycles.
Quand un sommeil non réparateur cache une cause médicale
Malgré une bonne hygiène de vie et des habitudes favorables au sommeil, certaines personnes continuent à ressentir une fatigue importante au réveil. Dans ce cas, un sommeil non réparateur peut parfois être lié à un trouble médical sous-jacent nécessitant une prise en charge spécifique.
Dans certains cas il est recommandé de consulter un professionnel de santé.
L’apnée du sommeil
L’apnée du sommeil se caractérise par des arrêts involontaires et répétés de la respiration pendant la nuit. Ces interruptions, souvent associées à des ronflements, provoquent de multiples micro-réveils dont la personne n’a pas toujours conscience.
Même après une nuit apparemment complète, les personnes concernées peuvent ressentir une fatigue persistante, des difficultés de concentration ou une somnolence excessive durant la journée.
En cas de suspicion d’apnée du sommeil, un avis médical est recommandé afin de confirmer le diagnostic et mettre en place une prise en charge adaptée.
Le syndrome des jambes sans repos
Le syndrome des jambes sans repos correspond à un besoin irrépressible de bouger les jambes, généralement accompagné de sensations désagréables telles que fourmillements, picotements ou inconfort. Les symptômes apparaissent le plus souvent au repos et s’intensifient en soirée ou au moment du coucher.
Cette gêne peut retarder l’endormissement, perturber le maintien du sommeil et réduire la qualité de la récupération. Lorsque les symptômes sont fréquents ou invalidants, une consultation médicale permet d’en rechercher les causes et d’envisager une prise en charge adaptée.
Le système glymphatique : le drainage nocturne du cerveau
Le système glymphatique est un mécanisme de drainage des déchets métaboliques du cerveau, dont l’activité est particulièrement importante pendant le sommeil. Il facilite la circulation du liquide cérébral dans les espaces entourant les cellules nerveuses et contribue ainsi à l’élimination de certains déchets métaboliques issus du fonctionnement du cerveau et accumulés au cours de la journée.
Cette activité semble particulièrement importante durant le sommeil lent profond, phase essentielle de la récupération cérébrale.
Le système glymphatique contribue ainsi au maintien de l’équilibre du cerveau et pourrait participer aux effets bénéfiques du sommeil sur les fonctions cérébrales.
Un sommeil insuffisant ou fragmenté pourrait donc perturber l’efficacité de ces mécanismes naturels de drainage et de récupération.
Nos compléments alimentaires pour un sommeil réparateur
Sources :
(1) Institut National du Sommeil et de la Vigilance, 23e Journée du Sommeil, 2023.
(2) Lopez R et al., Organisation normale du sommeil et ses changements au cours de la vie, La Revue du Praticien, 2019, 69(5) :537-44.
(3) Tavernier L, Thèse 2021, Université Toulouse III.